Une histoire à glacer le sang...

Hello, hello ! Je vous reviens pour un nouvel article consacré à ma lecture coup de cœur du moment. Un roman-document sur l’histoire des soeurs Papin, célèbre fait divers français à en vous glacer le sang…

Les sœurs Papin de Robert le Texier, Fleuve Noir

Avis : En rentrant chez moi un jour, j’ai trouvé plusieurs livres sur un banc. De vieux livres par leur apparence et le prix indiqué en franc. Il y avait trois livres de Pierre Bellemare et un sur les sœurs Papin. Je fus très étonnée, car le fait divers des sœurs Papin est mon préféré loin devant tous. Tout d’abord, car il se déroule en France, au Mans et parce qu’il traite de la question de la santé mentale (folie) de deux jeunes femmes.

Pour vous renseigner sur l’histoire de Christine et Léa Papin il existe de nombreux reportages, documentaires, films. Les blessures assassines (bande d’annonce : https://www.youtube.com/watch?v=bsyGGGksmxU) de Jean-Pierre Denis avec Sylvie Testud dans le rôle de Christine, par exemple, est un film qui retranscrit avec justesse leur histoire.

Les bonnes de Jean Genet est une pièce de théâtre qui est d’ailleurs inspirée de ce fait divers qui sort de l’ordinaire (pièce de théâtre qui a été reprise de nombreuses fois). Mais quelle est donc l’histoire de ces deux jeunes filles ?

Léa et Christine étaient des bonnes pour la même famille, les Lancelin. Le 2 février 1933, dans la soirée M.Lancelin rentre chez lui mais la porte est fermée, ce qui est inhabituel puisque les bonnes tiennent la maison et que sa femme et sa fille auraient dû être présentes. On peut cependant apercevoir une faible lumière en haut dans la chambre de Léa et Christine. En compagnie de son gendre, M.Lancelin fait appel à la police qui finit par défoncer la porte. À l’intérieur, la pénombre est totale et un agent trébuche sur quelque chose de lourd. Une fois la clarté retrouvée, deux corps mutilés dont les yeux ont été extraits sont retrouvés sur le sol. Il s’agit de Mme Lancelin et de sa fille. À l’étage, les sœurs attendent patiemment l’arrivée de la police et répondent par affirmativement à la question «Avez-vous tué vos maitresses ?». Lorsqu’il s’agit d’avoir le mobile de l’acte, les filles répondent qu’elles étaient obligées, et Christine formule « J’aime mieux avoir la peau de mes patronnes plutôt que ce soit elles qui aient la mienne »…

Pourquoi j’ai aimé ce livre ? Car il ne relate pas que le fait d’hiver qui a été amplement relayé sur différents supports et à travers les années, mais il s’attèle à retranscrire depuis l’adolescence de la mère et du père des sœurs, l’histoire familiale. Complexe et sombre, cette histoire est déterminante pour comprendre la psychologie des filles. L’aspect psychologique est présenté de façon détaillée et il y a une certaine proximité avec les personnages grâce aux nombreux détails sur leur vie. Toutefois, ce livre ne fait pas dans le pathos et ne présente pas les sœurs en victimes.

Il y a donc une certaine continuité dans l’ouvrage qui est agréable, on est au courant de la vie des sœurs Papin avant même leur naissance et après le procès. Le livre se lit facilement et rien que l’histoire des parents (Clémence Derée et Gustave Papin) est fascinante, notamment avec le comportement destructeur de la mère et l’absence d’instinct maternelle.

L’intérêt premier du livre est de découvrir le mobile s’il en existe un quant au double meurtre des femmes Lancelin mais il n’est pas en définitif l’élément le plus important du livre. La vie des personnages de Christine, Emilia et Léa sont davantage précieux que de savoir si Léa et Christine sont folles ou saines d’esprit.

De plus, Christine et Léa pourtant de même père et de même mère n’ont pas eu la même enfance et n’ont pas développé les mêmes comportements ou traits psychologiques. Le livre prend le temps préciser ces différences et différents traitements. Aussi, le personnage d’Emilia, leur sœur, est introduit longuement.

J’ai apprécié la “tenue” du livre, ou on pourrait même parler de “retenue”. Je m’explique, les circonstances du double meurtre des maîtresses des filles sont assez dures à lire et je me rappelle avoir lu des articles et vu des documentaires assez “gores”, qui en rajoutaient des tonnes sur le côté macabre de la scène ; ce qui peut être assez dérangeant parfois. Ici, ce n’est pas le cas. Les faits sont là, mais il n’y a pas d’étalement de l’aspect lugubre. Je tenais à le préciser, car cela apporte de la légèreté à la lecture.

 

Pour finir, je vous conseillerai de voir le film ou de lire ce livre car ils sont vraiment intéressants. Je ne retrouve malheureusement plus mon documentaire préféré sur cette histoire qui été présenté, il me semble, par Pierre Bellemare. Je vous laisse cependant un article très instructif si vous souhaitez en apprendre davantage sur elles et notamment connaître la fin de leur histoire 🙂 À bientôt !

 

 

 

L’article : Le Greffier Noir – Les soeurs Papin, les bonnes tueuses

30 November 2016
10 December 2016